Get Electronique

 

Journal d'ici Septembre 2017

80% des salariés sont handicapés

Seule entreprise adaptée du Tarn-Sud, BRIDGELEC donne sa chance aux travailleurs handicapés. Qui le lui rendent bien.Journal dIci Septembre 2017

"C'est un espoir pour les gens comme nous. Cette confiance est rare ..." Stéphane a 44 ans. Suite à un accident de travail, l'horloger de formation entreprend une reconversion et trouve un stage dans la zone de Mélou, derrière Auchan, chez BRIDGELEC, filiale de GET Electronique, spécialisée dans le maintien de systèmes électroniques et logiciels complexes (fabrication électronique, réparation, clonage, câblage ...).
Comme cinq autres salariés, il a trouvé la perle rare. Une entreprise adaptée (au moins 80% de travailleurs handicapés) qui leur offre l'opportunité de travailler comme tout le monde. Si trouver du boulot est simple pour peu de monde, "c'est encore plus dur lorsque l'on est handicapé", souffle Adnan 24 ans, l'un des premiers à avoir rejoint l'entreprise, fondée en mai 2016 par le président délégué Philippe Lasman. " Il y a une ouverture d'esprit ici que l'on ne retrouve pas ailleurs. On m'a donné ma chance et on avance tous ensemble" ajoute Francky, 34 ans, "l'homme à tout faire", qui trouve un second souffle professionnel après un parcours chaotique dû à son handicap lourd. "Le plus souvent, on se retrouve face aux problèmes d'accessibilité", confie-t-il. Chez BRIDGELEC, dans leur cocon ouvert sur les locaux de GET Electronique, ils travaillent dans les mêmes conditions que les autres salariés. Sont placés sur un même piédestal. Cela n'aurait surement pas été le cas sans la volonté de Philippe Lasman, ancien directeur technique et commercial de SPHEREA, la société mère.
"Superbe aventure humaine". "Nous avons des acheteurs avec qui nous travaillons depuis longtemps. Le dialogue n'est plus du tout le même : quand je leur raconte cette histoire, c'est avec mes tripes." Entre avoir l'idée et la réaliser il y a un pas que le président délégué a franchi il y a maintenant un peu plus d'un an. D'abord pour raison personnelle, puis face à "un marché demandeur d'entreprises qui cherchent à bénéficier d'une entreprise adaptée" pour entrer en conformité avec la loi handicap (une entreprise d'au moins 20 salariés est tenue d'employer 6% de travailleurs en situation de handicap, ndlr), et enfin car BRIDGELEC est inclus dans les prestations de GET Electronique, signal de fiabilité. "En général, les entreprises sont plus ouvertes, plus à l'écoute quand je leur parle de BRIDGELEC. Et je les fais venir pour qu'ils se rendent compte sur place. Quand je fais une offre, c'est GET Electronique, dans lequel est inclus BRIDGELEC." Avec un chiffre d'affaires d'environ 250.000 euros pour sa première année, l'objectif de Philippe Lasman est de passer de 6 à une dizaine de salariés, d'ici la fin d'année. "Je ne recrute pas parce qu'ils sont en situation de handicap. Je les recrute d'abord car leurs profils nous intéressent : compétents et volontaires. C'est une superbe aventure humaine" se réjouit Philippe Lasman. Pour Christophe, seul travailleur non handicapé de la petite entreprise, référent technique qui leur sert de guide, "l'esprit d'équipe" est l'un des maillons forts chez BRIDGELEC. "Ils ont une réelle envie, sont très à l'écoute et ont un véritable intérêt à la tâche." Après avoir galéré pendant des années, voilà ces travailleurs en situation de handicap prêts à saisir la chance que BRIDGELEC leur a donnée.

JASON ESNAULT


 

LA DEPECHE 5 juillet 2016

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Get Électronique, société datant de 1993 dans la zone de la Charteuse à Castres, a créé une entreprise adaptée qui ne recrute que des salariés en situation de handicap.

Ils ont «galéré». Leur handicap leur a fermé pas mal de portes sur le marché du travail. Mais Jonathan Delacourt et Adnan Kirkit, comme bientôt une dizaine d'autres travailleurs en situation de handicap, ont enfin trouvé un emploi stable grâce à Bridgelec créée en mai dernier dans les locaux de la zone de Chartreuse à Castres de sa société mère Cap Électronique filiale du groupe Spherea (voir ci-contre). Bridgelec, spécialisée dans l'ingénierie système, l'électronique et le câblage filaire, est la seule entreprise adaptée du sud du Tarn. «C'est une vraie opportunité. C'est intéressant et il y a des perspectives d'évolution. Je vais enfin pouvoir faire des projets», lâche Jonathan, 41 ans, qui, après la chute d'un toit souffre de problèmes de dos l'empêchant d'accomplir certaines tâches. Jusque-là, il cumulait les boulots par intérim souvent loin de chez lui. Comme son nouveau jeune collègue. «Je suis conscient de la chance que j'ai, confirme Adnan, 23 ans, qui à cause d'une malformation de la main ne voyait pas de débouchés malgré son BTS de systèmes électroniques obtenus au lycée Rascol d'Albi en 2014. Même quand je réussissais les tests d'embauches, c'était systématiquement un autre qui était pris». Jonathan et Adnan sont les deux premières recrues de Bridgelec. «Mais on compte embaucher une dizaine de salariés d'ici un an», précise Philippe Lasman, président délégué de Get Électronique et donc également patron de Bridgelec. Et s'il a souhaité créer cette entreprise adaptée, entreprise du milieu ordinaire du travail employant au moins 80 % de travailleurs handicapés, c'est pour plusieurs raisons. La première étant «un geste social».

Un «pont» vers le monde du travail

«Le nom Bridgelec vient de bridge en anglais qui veut dire «pont» pour offrir une passerelle dans le monde du travail aux personnes souffrant d'un handicap», explique le patron (voir encadré). Le social est dans les gênes de Cap Électronique qui remplit déjà depuis longtemps son obligation légale, comme toute entreprise de plus de 20 salariés, d'employer au moins 6% de travailleurs en situation de handicap. Sinon, les entreprises payent une contribution à l'Agefiph, entre 400 et 1500 fois le SMIC horaire pour tout travailleur handicapé manquant. A moins qu'elles aient recours à une entreprise adaptée en sous-traitance qui leur permet de diminuer de 50% cette taxe. C'est la deuxième raison de la création de Bridgelec. «Il y a un marché demandeur d'entreprises qui cherchent à bénéficier d'une entreprise adaptée», explique Philippe Lasman qui veut ainsi «booster» Get Électronique en décrochant de nouveaux marchés. Car l'atout de Bridgelec c'est justement qu'elle s'appuie sur le savoir-faire et le professionnalisme de Get Électronique et du groupe Spherea. «Le client bénéficie de l'entreprise adaptée sans devoir gérer ses spécificités. La plupart des autres entreprises adaptées sont seules. Là on rassure le client en s‘appuyant sur l'expérience, les compétences et l'effectif de Get Électronique qui nous permet de tenir les délais, explique le président délégué. On inclut Bridgelec dans nos prestations. c'est bien cadré et transparent». Du gagnant gagnant pour tout le monde.

Repères

«Leur apporter des bagages»

«On est pro handicap depuis longtemps, confirme Armelle Delporte, la responsable des ressources humaines de Cap Electronique et Bridgelec, qui a remarqué que les personnes en situation de handicap lourd ou pas sont parfois plus investies dans leur travail. Ils ont le sentiment d'avoir beaucoup plus à prouver pour compenser leur handicap et sont reconnaissants qu'on leur fasse confiance. D'ailleurs ces salariés sont très rarement en arrêt maladie». Et la plus grande difficulté pour la responsable RH n'est pas l'intégration des salariés en situation de handicap ou l'adaptation de l'entreprise à leurs conditions de travail, c'est le recrutement. «La plupart ne postulent pas aux offres ouvertes à tous que l'on passe à Pôle emploi tellement ils sont découragés par la mentalité de certains chefs d'entreprise qui leur ferment leurs portes, explique Armelle Delporte qui mise pourtant davantage sur le «savoir être» que sur les compétences. On peut former les salariés. Ce qu'on veut c'est d'ailleurs leur apporter les bagages qui leur manquent que cela soit les compétences, la confiance en soi ou l'autonomie».

Sur les traces d'April

Dans l'entreprise Cap Électronique on trouve d'anciens salariés d'April. Et pour cause puisque cette société a été créée en 1993 par d'anciens d'April quand Télématique (groupe Schneider) a décidé de fermer le site castrais. L'idée était de se positionner sur une activité consistant à perpétuer une gamme de produits abandonnée par le constructeur Schneider car de nombreux clients étaient demandeurs. Get Électronique était née et a su développer un savoir-faire non seulement sur un transfert de production d'anciennes gammes d'automates programmables mais également sur le maintien opérationnel de ces mêmes produits qui continuaient à être largement utilisés de par le monde. Son activité était également axée sur le support, la réparation et la gestion de l'obsolescence de ces produits. Aujourd'hui Get Électronique est capable techniquement et humainement, avec 75 salariés, de maintenir des systèmes électroniques et logiciels complexes au fil des années en ayant les capacités, par ses 25 ans d'expérience, de gérer les problématiques liés à l'obsolescence par la réparation, la pérennisation, les tests et moyens de tests, la fabrication électronique, le câblage et surtout le clonage de composants qui ne se fabriquent plus, une spécificité de Get Électronique. La société compte 300 clients dans l'industrie, le nucléaire et le transport, notamment l'aéronautique, et affiche un chiffre d'affaires de 6,5 millions d'€. Elle a intégré en 2006 le groupe Spherea, ancienne filiale d'Airbus basée à Colombiers qui compte 550 employés et 600 clients dans plus de 50 pays, lui permettant d'avoir une assise financière et un rayonnement commercial accrus.

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